Le Titanic était-il un paquebot maudit ?
Les stewards du bord surnommèrent le Titanic
"Le bateau de la mort"
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| "Ce navire va couler avant d'atteindre l'Amérique." Mrs Blanche Marshall |
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"Prenez garde aux dangers !"
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Une légende ou, plus exactement, des légendes se sont tissées autour du Titanic.
Certaines d'entre elles ne relèvent que de l'utopie et ne sont que le fruit d'imaginations débordantes.
Cependant, il existe des faits qui incitent à se poser la question: le Titanic était-il un paquebot maudit, le navire de la "mauvaise chance", l'instrument d'un génie malfaisant ?
Cette page relate des événements avérés: tous sont des faits réels ou des témoignages dont l'authenticité est incontestable.
Considérés individuellement et mis en relation avec l'événement du naufrage, ils peuvent être interprétés comme le fruit du hasard; mais, pris dans leur ensemble, ils constituent un troublant faisceau de prémonitions et de malédictions entourant le Titanic.
Vous les trouverez répertoriés selon les 3 phases de l'odyssée du paquebot: avant ou pendant le départ, pendant la traversée et après le naufrage. Ces listes ne sont pas exhaustives.
Après lecture, il appartient à chacun d'apprécier le degré de leur relation avec la réalité de la catastrophe ...
Un effort de réflexion permet-il d'affirmer qu'effectivement c'est l'irrationnel qui eut raison du Titanic ?
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| C'était le plus grand navire en exploitation et la plus prestigieuse création de l'homme. Toutes les sciences et tous les corps de métiers connus avaient contribué à sa construction et assuraient sa maintenance ... Insubmersible, indestructible, il ne transportait que le nombre strict de canots de sauvetage requis par la loi ... Morgan Robertson, Futilité ou Le Naufrage du Titan, 1898 |
Avant ou pendant le départ
Des événements prémonitoires ...
Le 22 Mars 1886, le célèbre spiritualiste et publiciste anglais William Thomas Stead, propriétaire de la revue "Pall Mall Gazette" écrit un article intitulé "Comment le Paquebot Poste sombra au milieu de l'Atlantique, par un Survivant".
Cet article raconte qu'un paquebot, sans nom, entre en collision avec un autre navire et, qu'en raison d'un nombre insuffisant de canots de sauvetage, on déplore la perte de nombreuses vies humaines.
Stead écrit: "C'est exactement ce qui pourrait se produire et se produira si les paquebots sont lancés avec trop peu de canots".
Dans le numéro de Noël 1892 de la "Review of Reviews" qu'il vient de fonder, William Thomas Stead publie un autre article intitulé "De l'Ancien Monde au Nouveau".
Cet article est consacré à une traversée fictive entreprise par Stead pour se rendre aux Etats-Unis sur un paquebot de la White Star Line bien réel, lui, le Majestic.
Le Commandant du navire n'est autre qu'un certain E. J. Smith.
Lors de cette traversée, le Majestic recueille à son bord les survivants du paquebot Ann and Jane, qui a heurté une montagne de glace et coulé dans l'Atlantique.
Stead conclut son article de manière lugubre par: "Les océans parcourus par de rapides paquebots sont jonchés des os blanchis de ceux qui ont embarqué comme nous et qui ne sont jamais arrivés à bon port".
Vingt ans plus tard, il embarquera sur le Titanic commandé par le Commandant Edward J. Smith et disparaîtra dans le naufrage.
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William Thomas Stead
Un jour, William Thomas Stead marche le long du Strand, au coeur de Londres, en compagnie d'un jeune journaliste plein d'avenir nommé Shaw Desmond. Ce dernier essaie de discuter d'un article qu'il est en train d'écrire pour la "Review of Reviews", mais Stead amène la conversation sur son prochain voyage. Il annonce qu'il va bientôt voyager sur le Titanic, nouveau paquebot réputé insubmersible, dont il vante les qualités. Desmond n'a jamais entendu parler du Titanic.
A un moment, Desmond s'écarte légèrement de Stead. Une étrange sensation saisit soudain le jeune journaliste, un sentiment qu'il décrira plus tard:
"J'ai eu pour la première fois de ma vie, mais pas la dernière, la conviction d'une mort imminente. Dans ce cas, c'était que l'homme qui se trouvait à mes côtés allait mourir. C'était incontrôlable et je me sentais plutôt impuissant. Je ne l'associai pas, non plus, un instant au transatlantique dont il venait de me parler".
Desmond décide de ne pas parler de ce soudain pressentiment et les deux hommes se quittent. Arrivé chez lui, Desmond a la bonne idée de griffonner une courte note sur sa prémonition ainsi que la date pour "référence future".
Quelques jours plus tard, la nouvelle de la tragédie arrive en Angleterre. Malgré les premières rumeurs déclarant que Stead a survécu, Desmond est certain qu'elles sont fausses et que son pressentiment se vérifiera. "Il n'a pas survécu" dit Desmond à sa femme, "Il s'est noyé".
Effectivement, William Thomas Stead fera partie des victimes.
En 1898, l'écrivain américain Morgan Robertson (1861-1915) publie, aux éditions M. G. Mansfield, son roman "Futility" dans lequel un paquebot anglais, baptisé Titan, heurte un iceberg et coule lors de sa 4ème traversée, au mois d'Avril dans l'Atlantique Nord, en n'ayant à son bord que le nombre strict de canots de sauvetage réglementaires mais insuffisant pour le nombre de passagers.
Ce navire imaginaire, réputé insubmersible, est presque semblable au Titanic par ses dimensions, sa vitesse, ses emménagements somptueux ainsi que le nombre de ses passagers (à la fois riches et pauvres) et celui des victimes.
Tableau récapitulatif des coïncidences entre le Titan et le Titanic:
| CARACTERISTIQUE | Le TITAN | Le TITANIC |
| Pavillon | Britannique | Britannique |
| Direction | New York vers Grande Bretagne | Grande Bretagne vers New York |
| Traversée entreprise | 4ème | Inaugurale |
| Date du voyage | Avril | Avril 1912 |
| Heure de la collision | Vers minuit | 23 heures 40 |
| Côté heurtant l'iceberg | Tribord | Tribord |
| Déplacement | 75000 tonnes | 66000 tonnes |
| Longueur | 243 mètres | 269 mètres |
| Hauteur du nid-de-pie au-dessus du pont | 18 mètres | 12 mètres |
| Nombre d'hélices | 3 | 3 |
| Vitesse maximale | 24 / 25 noeuds | 24 / 25 noeuds |
| Nombre de machines | 3 | 2 + 1 turbine |
| Nombre de chaudières | 80 | 159 |
| Puissance | 75000 CV | 51000 CV |
| Nombre de compartiments étanches | 19 | 16 |
| Central téléphonique dans le navire | Oui | Oui |
| Orchestres | 2 | 1 divisé en 2 groupes |
| Capacité | 3000 personnes | 3000 personnes |
| Nombre de passagers à bord | 2000 | 2230 |
| Nombre de canots de sauvetage | 24 | 20 |
| Capacité des canots | 500 personnes | 1178 personnes |
| Destination du navire secourant les naufragés | Gibraltar et Méditerranée | Gibraltar et Méditerranée |
Cinq ans avant le naufrage, le Dr. William Edward Minahan et plusieurs de ses amis visitent un camp de gitans et tous se font dire la bonne aventure. Minahan s'entend dire qu'il trouvera la mort dans une catastrophe maritime.
En Janvier 1912, le Dr. Minahan se prépare à partir pour l'Europe avec son épouse et sa soeur. Ses amis lui rappellent la prédiction en plaisantant, mais il en trouve l'idée complètement ridicule. Il met cependant en ordre toutes ses affaires et souscrit deux polices d'assurance: une assurance-vie de 100 000 $ et une assurance accident de 60 000 $.
Il trouvera la mort lors de son retour en Amérique à bord du Titanic. Son épouse et sa soeur seront sauvées.
Le 7 Juin 1911, une semaine après le lancement du Titanic, le magazine The Shipping World publie un article intitulé "The Launch of the Titanic" dans lequel il déclare: "Très exactement une heure et demie avant le lancement, les coups de marteau qui résonnaient sous la coque indiquèrent aux promeneurs qui venaient voir le spectacle que les minutes du paquebot sur terre étaient comptées. On croirait lire ici un avis de décès; bien au contraire, il s'agissait d'un faire-part de naissance".
En 1911, un Officier du paquebot George Washington se trouve, avec sa famille, à Bremerhaven, en Allemagne. Lors d'une foire aux bestiaux, ils décident de se faire dire la bonne aventure.
Alors qu'une gitane lui lit dans les lignes de la main, l'Officier ne peut s'empêcher de rire d'embarras. La vieille femme le regarde et lui dit: "Vous pouvez rire. Ils rient toujours mais c'est sur la mer que se trouve votre travail, l'année prochaine, que le plus grand bateau du monde va couler - couler !". L'Officier rit à nouveau et la gitane se met à pleurer en lui repoussant la main. "Je vous en ai trop dit ! Je vois trop ! Tristesse - mort - naufrage - naufrage !". La famille s'éloigne alors en riant.
En Septembre 1911, William Thomas Stead consulte le médium W. de Kerlor. Celui-ci lui prédit un voyage en Amérique, bien qu'à l'époque Stead n'ait pas l'intention de s'y rendre.
De Kerlor décrit qu'il voit, entre autres, un grand bateau noir et que "là où le nom du navire aurait dû être écrit, se trouve une couronne d'immortelles". De Kerlor remarque que la construction du bateau n'est pas encore terminée et que, lorsque ce sera fait, Stead pourra alors le prendre pour son voyage.
Quelque temps après, de Kerlor fait un rêve concernant Stead et le bateau noir. Il rêve qu'il se produit comme une catastrophe maritime, que des centaines de personnes se débattent dans l'eau, que Stead se trouve parmi elles et qu'il entend des appels au secours. De Kerlor dit alors à Stead qu'il interprète le bateau noir comme "restrictions, difficultés, et mort". A cela, Stead lui répond simplement: "Oh, oui, eh bien, eh bien, vous êtes un bien triste prophète".
Le 20 Septembre 1911, jour de son 5ème voyage vers New York, une collision se produit entre l'Olympic, navire jumeau du Titanic, et le croiseur de la Royal Navy HMS Hawke, alors que le paquebot est sous la conduite de Edward J. Smith qui va bientôt commander le Titanic.
L'Olympic est percuté par l'arrière et devra être réparé pendant plusieurs mois.
Lors de sa construction dans les chantiers Harland & Wolff, le numéro 401 est attribué au Titanic (la 401ème commande reçue par les chantiers). La coque possède également un autre numéro attribué par le constructeur: 390904.
L'apparition de ce numéro provoque presque la cessation de la construction.
Certains pensent, en effet, que ces chiffres, s'ils sont écrits rapidement, puis lus dans un miroir, font apparaître les lettres de mauvais présage "NO POPE" ("Pas de Pape").
Pour beaucoup d'employés catholiques des chantiers, ce numéro de coque signifie la perte du navire.
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Le lancement du Titanic à Belfast, le 31 Mai 1911, sous les regards fascinés de plus de 100 000 personnes, se déroule sans véritable cérémonie ni traditionnel baptême au champagne.
Cette absence de baptême, diront certains plus tard, était une autre raison de la disparition du navire.
En réalité, ce n'était que la simple continuation de la politique habituelle de la White Star Line dont aucun navire ne fut baptisé.
Un autre événement malheureux a lieu le 31 Mai 1911 à Belfast: l'ouvrier charpentier James Dobbin est écrasé par une des traverses sur lesquelles glisse le Titanic pour être mis à l'eau.
Il est la première victime d'après lancement ...
(3 autres ouvriers sont décédés auparavant d'un accident sur le chantier).
L'épouse de Luigi Gatti, lequel a obtenu la gérance du Restaurant "à la carte" du Titanic, ne veut pas que son mari fasse ce voyage.
Elle lui dit qu'"elle ressent quelque chose à ce sujet".
Il ignore ses craintes en lui disant que rien ne peut lui arriver, qu'il est un nageur expérimenté et qu'il peut aisément atteindre la terre. "Tu te fais trop de soucis", lui dit-il. "Ne me suis-je pas sorti de la collision de l'Olympic, l'an dernier, sans une égratignure ?".
Luigi Gatti périra dans la catastrophe.
Le chauffeur Jim Mullholland, engagé à Belfast par la White Star Line, quitte son poste à Southampton après avoir vu la chatte du navire, "Mouser", dont il s'occupait, sortir du paquebot ses 4 chatons un par un.
Il expliqua par la suite que "la chatte savait quelque chose" ...
John Hume, violoniste de 21 ans, se trouvait à Bord de l'Olympic lorsque celui-ci entra en collision avec le H.M.S. Hawke.
Cet incident a provoqué un profond pressentiment chez sa mère.
Elle le supplie de ne pas reprendre la mer, ce qu'il raconte à plusieurs amis.
Après la catastrophe dans laquelle tous les musiciens de l'orchestre périront, l'un des amis révélera que Mrs Hume avait rêvé que quelque chose de terrible arriverait à son fils pendant la traversée du Titanic.
Lorsque le producteur de théâtre américain Henry Birkhardt Harris télégraphie chez lui que lui et son épouse ont réservé une traversée sur le Titanic, son associé William Klein est en proie à un tel sentiment de catastrophe imminente qu'il télégraphie aussitôt à Harris en l'implorant de ne pas prendre la mer sur le grand paquebot.
Harris lui répond qu'il est trop tard pour changer ses projets et qu'il embarquera bien comme prévu avec sa femme.
Lorsque le Titanic coule, Harris dit au revoir à sa femme en l'embrassant et l'aide à monter dans le dernier canot.
Henry Harris sombrera avec le navire.
En Février 1912, Alice Fortune, 24 ans, se repose à l'ombre de la véranda de l'hôtel Shepheard, au Caire, surplombant le Nil.
Un homme ridé, coiffé d'un fez, lui fait signe de venir auprès de la balustrade. Alors qu'elle s'est approchée, il lui prend la main et examine sa paume en disant: "Vous êtes en danger chaque fois que vous voyagez en mer. Vous perdrez tout sauf votre vie".
Elle ne fait pas grand cas de cette prédiction mais, lors du naufrage du Titanic elle sera, en effet sauvée comme sa mère et trois de ses soeurs, tandis que son père et son frère disparaîtront.
En Égypte, une diseuse de bonne aventure dit à Helen Bishop qu'elle survivra à un naufrage et à un tremblement de terre, mais qu'elle mourra dans un accident de voiture.
C'est ce qui arriva.
Après avoir été sauvée du naufrage, Helen survivra à un tremblement de terre en Californie mais sera gravement blessée, en Novembre 1913, dans un accident d'automobile. Elle eut de graves séquelles dont elle ne se remit pas et décéda en 1916.
La famille Rouse, de Sittingbourne dans le Kent, doit émigrer aux Etats-Unis en 1912.
A l'origine, toute la famille doit voyager ensemble, mais Richard Henry Rouse décide de partir seul le premier de façon à tout arranger avant l'arrivée de sa femme Charity et de leur fille Gladys âgée de 8 ans.
Il réserve une couchette de 3ème classe sur le Titanic et le 3 Avril, une semaine avant le départ, emmène sa femme et sa fille à Southampton pour voir le grand paquebot.
Mrs Rouse est alors prise de frayeur et dit à son mari "Ce bateau est trop gros. J'ai le mauvais sentiment qu'il n'arrivera jamais en Amérique". Elle essaie de le faire renoncer à partir mais il répond "Ne t'en fais pas. C'est un navire tout neuf et, de plus, on dit qu'il est insubmersible".
Mais Mrs Rouse continue à s'inquiéter, même après avoir reçu une carte postale rassurante de son mari, postée soit de Cherbourg, soit de Queenstown.
Deux jours plus tard, elle s'évanouit en entendant que le Titanic a coulé dans l'Atlantique.
Richard Rouse ne sera pas au nombre des survivants.
Annie Sage, 44 ans, est l'épouse de John, lui aussi âgé de 44 ans. Ils ont 9 enfants âgés de 5 à 21 ans et exploitent une petite boulangerie à Peterborough, en Angleterre.
Pendant l'été 1911, John et son fils aîné George partent travailler au Canada et sont employés sur les voitures de chemin de fer de la Canadian Pacific Railway. Au cours de leurs voyages, ils découvrent la Floride où John décide d'acheter une ferme pour y cultiver des pacaniers.
Fin 1911, John rentre en Angleterre suivi de George, 2 mois plus tard. Il réussit à convaincre son épouse d'établir toute la famille à Jacksonville, en Floride. Pourtant, Annie est réticente à traverser l'Atlantique car elle craint l'eau et est certaine que quelque chose va se passer. En effet, leur fille Dorothy, qui était tombée au fond d'un puits, avait failli mourir noyée.
Ils ont prévu d'embarquer sur le Philadelphia mais, en raison de la grève des mineurs, le navire est bloqué. Aussi, ils embarquent en 3ème Classe sur le Titanic, au départ de Southampton.
Peu avant de quitter Peterborough pour Southampton, Annie Sage confie un album de photographies à un ami. "Je n'en ai pas besoin là où je vais", lui dit-elle, les larmes aux yeux. "Je ne veux pas que mes précieuses photos deviennent de la nourriture à poissons".
La famille Sage tout entière, 11 personnes, disparaîtra dans le naufrage.
Mr et Mrs Edward W. Bill, de Philadelphie, attendaient avec impatience d'embarquer sur le Titanic jusqu'à ce que, pendant leur séjour à l'Hôtel Cecil de Londres précédant leur départ pour Southampton, Mrs Bill ait le pressentiment d'une catastrophe imminente.
A la place, le couple navigua sur le Mauretania et, après leur arrivée à bon port à New York, Mr Bill révéla: "J'avais choisi nos cabines sur le Titanic, et j'avais dit à ma femme que ce serait intéressant d'être sur le plus grand navire au monde pour son voyage inaugural. Mrs Bill ne fut pas très enthousiaste et, comme je m'apprêtais à aller au bureau de la White Star Line pour retirer les billets, elle me supplia de ne pas y aller. Elle me dit qu'elle ne savait pas pourquoi, mais qu'elle ne voulait pas partir sur le Titanic. Je ne l'avais jamais vue auparavant s'opposer à un projet de voyage, mais cette fois, elle était inflexible et je dus, à regret, céder à son désir".
En Février 1912, Mrs Jennie Louise Hansen et son mari Claus Peter Hansen, d'origine danoise, quittent les Etats-Unis pour aller rendre visite à la famille de Claus, au Danemark.
Avant leur départ, Jennie déclare à son frère, Thomas Howard, qu'elle redoute de faire ce voyage au Danemark, car elle a le sentiment que le bateau va couler ou qu'elle sera victime de quelque chose de terrible.
En Avril, ils reviennent en Amérique comme passagers de 3ème classe à bord du Titanic. Lors du naufrage, Jennie sera sauvée mais Claus trouvera la mort.
Le musicien et bedeau norvégien Daniel Gronnestad ainsi que son frère Bertil ont prévu de partir en Amérique à bord du Titanic.
Mais Bertil a une prémonition et décide de rester. Daniel embarque seul.
Daniel Gronnestad sera victime du naufrage.
Un fermier Irlandais anonyme avait décidé d'émigrer en Amérique et avait réservé sa traversée sur l'entrepont du Titanic.
Mais sa mère avait, semble-t-il, rêvé trois nuits de suite que le navire sombrerait en plein océan, tuant tout le monde à bord.
Elle le raconta à son fils et le supplia de rester à la maison. Après beaucoup de persuasion, il accepta d'annuler sa réservation.
Le violoniste Frank Adelman, de Seattle, a réservé pour lui et sa femme un retour en Amérique à bord du Titanic.
Mais, quelques jours avant le départ, Mrs Adelman a soudain un mauvais pressentiment de danger et incite son mari à annuler leur réservation et à voyager plus tard.
Mr Adelman accepte de tirer à pile ou face pour décider s'ils voyageront comme prévu ou attendront. Heureusement pour eux, Mrs Adelman gagne le tirage et ils annulent leur réservation sur le Titanic.
Peu de temps avant le départ, John Frederick Clarke, engagé comme altiste dans l'orchestre du Titanic, plaisante avec des amis sur sa future traversée.
Clarke leur dit: "Eh bien, vous savez que ce serait bien ma chance de couler avec le navire. Elle m'a abandonné depuis si longtemps qu'elle pourrait revenir pendant ce voyage !". Il se mit à rire, repris par ses amis.
Fred Clarke, comme les 7 autres musiciens de l'orchestre, sera victime du naufrage.
Mrs Sheperd, du Nebraska, après avoir rêvé du naufrage du Titanic, supplie son mari, par lettre et par télégramme, de prendre un autre bateau.
Il accepte d'annuler sa réservation en faveur d'un autre navire de la White Star Line.
Au printemps 1912, Stephen Curnow Jenkin doit quitter le domicile de ses parents, en Cornouailles, pour retourner aux Etats-Unis.
Il a déjà loué sa place sur un navire, mais la grève du charbon le contraint à modifier son projet et sa réservation est changée pour le Titanic.
En apprenant cela, il devient de plus en plus ennuyé pour sa propre sécurité et, après être parti pour Southampton, il décide subitement de revenir chez ses parents. Là, il ôte tous ses objets de valeur dont sa montre, et les laisse à ses parents, au cas où il mourrait pendant la traversée.
Effectivement, Stephen Jenkin fera partie des victimes.
Beaucoup de passagers hésitent à embarquer sur un navire effectuant une traversée inaugurale.
Le Titanic quitte l'Europe à moitié vide, à un moment où la grève des mineurs anglais paralyse pourtant nombre de grandes unités transatlantiques. Situation normale, en réalité, à la mesure d'une vieille superstition.
Amélie Icard, Gouvernante de Mrs Stone, qu'elle accompagne dans ses voyages à travers le monde, ne veut pas partir sur le Titanic et refuse d'aller chercher les billets.
Elles embarquent pourtant à Southampton et seront sauvées par le Carpathia.
Victor Peñasco y Castellana et sa jeune épouse, Maria Josefa, ont décidé de faire un grand voyage de noces. Purification, la mère de Victor, les avertit qu'il ne faut pas traverser l'océan car cela porte malheur.
Le jeune couple voyage d'abord en Europe puis part en Amérique à bord du Titanic, sans prévenir leurs familles.
Maria Josefa sera rescapée tandis que Victor disparaîtra dans la catastrophe.
J. Cannon Middleton, de Cleveland, Etats-Unis, est Vice-Président de la compagnie de Chemins de fer Canton & Akron.
"Je devais partir sur le Titanic, ayant retenu ma place le 23 Mars. La nuit du 3 Avril, j'ai fait un terrible rêve: j'ai vu le Titanic sombrer au milieu de l'océan et des centaines de personnes se débattre dans l'eau, tout autour. La nuit suivante, j'ai refait le même rêve."
Véritablement très mal à l'aise et inquiet, J. Middleton n'a cependant rien dit à sa famille afin de ne pas l'inquiéter.
Le 6 Avril, un télégramme d'affaires venant des Etats-Unis lui demande de reporter son voyage d'affaires de quelques jours, ce dont il est enchanté. Ce n'est que le 18 Avril, après le naufrage, qu'il raconte son rêve à sa femme et à plusieurs amis.
Trois de ses amis enregistreront le témoignage de L. Middleton et sa femme le certifiera également en ajoutant que "c'était la première fois que son mari faisait un tel rêve". Les certificats seront transmis à la Society for Psychical Research qui les publiera dans son journal.
Cette prémonition revêt un caractère exceptionnel en raison de son authentification et des preuves apportées par J. Middleton: son billet de retour non utilisé ainsi que le télégramme lui demandant le report de son voyage.
Mary Tripp a prévu d'embarquer sur le Titanic mais elle tombe malade quelques jours avant le départ.
La veille, elle lit dans ses feuilles de thé pour savoir si elle va aller mieux. Elle voit alors un navire couler.
Elle annule alors son voyage pour embarquer, plus tard, sur l'Olympic.
Le major Archibald Butt a décidé de partir en voyage à Rome en compagnie de son ami Francis Millet, afin de s'éloigner des affaires américaines où s'opposent deux autres de ses amis: le Président Taft, dont il est l'aide de camp, et Théodore Roosevelt qui rivalisent pour l'investiture du parti républicain aux élections présidentielles de 1912.
Fin Février 1912, Butt écrit à sa belle-soeur: "N'oubliez pas que tous mes papiers sont dans la remise. Et si le bateau coule, vous trouverez mes affaires en bon ordre". Conscient que ces propos peuvent l'alarmer, il ajoute ce démenti bon enfant: "Comme je vous écris toujours ainsi chaque fois que je vais quelque part, mes pressentiments actuels ne vous inquièteront pas".
Il dit aussi à des amis "qu'il n'a jamais eu une aussi étrange et persistante impression d'ennui imminent".
Un jour ou deux avant son départ de Washington, il confie à un ami "qu'il n'a jamais ressenti de sa vie plus étrange sensation d'être prochainement au centre d'un horrible désastre". Il ajoute qu'il éprouve ce sentiment depuis plusieurs semaines et ne parvient pas à s'en défaire.
Son pressentiment ne le quitte pas pendant son séjour en Italie, aussi déclare-t-il qu'il est pressé de rentrer.
"Je serai à temps à Washington car j'ai eu la chance d'avoir une réservation à bord du nouveau Titanic. Lorsque j'y mettrai pied, je me sentirai en parfaite sécurité. Vous savez qu'il est insubmersible".
En rejoignant Londres, ses pressentiments s'intensifient. Malgré son tempérament plein d'allant et affable, Archibald Butt est toujours déprimé à l'approche du départ.
Le 9 Avril, il dit: "Je veux aller voir l'Abbaye de Westminster car, si je la manque, je ne la verrai jamais".
Le 10 Avril, Butt arrive à Southampton avec son ami Millet et tous deux embarquent sur le Titanic.
5 nuits plus tard, Archibald Butt et Francis Millet sont victimes du naufrage.
Le 3 Avril, une semaine avant le départ du Titanic, Mrs A., qui possède de remarquables dons de voyance, assiste à une conférence, à Londres.
A la fin de son exposé, le conférencier lui demande ce qui l'a distraite car il a remarqué son évident désintérêt.
Elle lui répond: "Je voudrais que vous voyiez ce que j'ai vu pendant votre conférence. Je suis certaine que quelque chose d'épouvantable va se produire sous peu".
Comme on lui demande des détails, elle raconte alors à quelques amis "qu'elle a eu la vision d'un accident de chemin de fer, d'une maison en flammes, d'une explosion minière et enfin d'un paquebot à quatre cheminées entrant en collision avec une montagne de glace. Le nom du navire semblait être Tintac et elle avait clairement entendu prononcer Southampton, mais elle n'avait aucunement idée qu'un navire de ce nom allait vraisemblablement partir dans un futur proche; autrement, elle ne manquerait pas de le faire savoir. Il semblait faire nuit, si ce n'est que la glace brillait d'un vif éclat".
Mrs Elizabeth Hocking et ses enfants ont acheté leurs billets pour se rendre en Amérique à bord de l'Oceanic. En raison de la grève du charbon, leur traversée est transférée sur le Titanic.
Alors qu'elle s'apprête à embarquer, Mrs Hocking déclare soudain à sa fille: "Je ne vais pas partir sur ce navire, il est trop gros !". Elle déteste aussi son nom, mais sa famille la persuade d'embarquer.
Elizabeth Hocking sera rescapée à bord du canot n° 4.
George Vanderbilt et son épouse Edith, couple de riches américains, annulent la réservation qu'ils ont faite à bord du Titanic.
Selon le New York Times du 30 Avril 1912, c'est sur les insistances de Susan Dresser, la mère d'Edith, qui aurait déclaré que "le voyage inaugural de tous les navires est dangereux", qu'ils auraient renoncé pour être transférés sur l'Olympic, laissant quand même partir la plupart de leurs bagages à bord du Titanic.
Si l'on considère que Mrs Dresser était décédée 29 ans auparavant, cette histoire ne peut être correcte. Cependant, il est possible que le Times ait confondu Susan, la mère d'Edith, avec la soeur d'Edith qui portait le même prénom. Rien ne perment pourtant de le confirmer.
Mr C. S. Battle, riche propriétaire de scierie à Vancouver, séjourne à Londres avec des amis avant de revenir en Amérique.
Fin Mars 1912, ses amis le pressent de rester encore quelques jours, de sorte qu'il revienne en Amérique lors de la traversée inaugurale du Titanic.
Bien que n'ayant aucune raison de ne pas attendre le départ du Titanic, Mr Battle a l'étrange sensation que les choses se passeront mal s'il emprunte le grand paquebot. Il décide de réserver à bord de l'Olympic par lequel il rentre le 3 Avril.
Mr M. Forster a réservé 2 billets sur le Titanic, pour sa nièce et lui-même, mais il décide d'annuler et d'embarquer sur l'Adriatic.
Il dit: "J'avais un peu peur des nouvelles machines et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de ne pas revenir d'Europe sur le Titanic".
Walter Harris, 30 ans, et Percy Thomas Oxenham, 22 ans, habitant respectivement Enfield et Ponders End, à Londres, ont réservé à destination de New York à bord du Philadelphia.
En raison de la grève des mineurs, cette traversée est annulée et la réservation des 2 hommes est transférée sur le Titanic, en 2ème classe.
Avant de partir, Harris rend visite à quelques amis, parmi lesquels se trouve une jeune femme qui lit les lignes de la main. Après avoir examiné la main de Harris, elle refuse de dire ce qu'elle a vu, faisant simplement la remarque que ça ne lui plait pas. Le petit garçon de Harris demande soudain "Est-ce que Papa va se noyer ?".
Harris périra dans le naufrage, Oxenham sera sauvé.
Deux semaines avant le d'embarquer à Southampton avec son épouse, May, le romancier Jacques Futrelle prend la précaution d'envoyer de Londres à John Peele, frère de May, habitant Atlanta, une procuration pour la gestion de leurs biens au cas où quelque chose leur arriverait. Il donne des directives pour l'avenir de leurs enfants ainsi qu'une liste de banques où il a placé de l'argent et des valeurs.
Son dernier message envoyé d'Europe est destiné à son ami Hugh Cordosk qui le reçoit quelques jours avant le départ de Futrelle. Le message dit: "Avons fait toute l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne et la France. Bois un verre à ma santé".
Anna Ward est la dame de compagnie de Mrs Charlotte Cardeza, millionnaire de Philadelphie. Bien qu'elle l'ait accompagnée lors de nombreux voyages, elle ne voulait pas être présente pendant le dernier séjour de Mrs Cardeza en Europe. Elle raconta à sa famille qu'elle avait ressenti une crainte étrange et soudaine de traverser à nouveau l'Atlantique. Sa famille la persuada cependant de faire le voyage, mais Anna Ward déclara que c'était la dernière fois qu'elle le ferait.
Elles furent toutes deux rescapées du naufrage du Titanic, à bord du canot n° 3.
Deux jours avant leur départ, le Colonel John Jacob Astor reçoit un câble de New York: un de ses amis, le Colonel Long, très passionné pour les sciences psychiques, lui recommande de ne point rentrer par le Titanic, ce navire étant promis au plus dangereux destin, sans dailleurs que puisse être précisée la date à laquelle se produira la catastrophe.
Astor, qui est lui-même assez sensible aux avertissements de lau-delà, est prêt à abandonner son appartement de luxe; c'est sa jeune femme Madeleine qui insiste pour maintenir lembarquement. "Sil nous arrive malheur, lui dit-elle en riant tendrement, nous mourrons ensemble. Que souhaitez-vous de mieux ?".
Le Colonel Astor disparaîtra dans le naufrage, Madeleine sera rescapée.
Caroline Endres est l'infirmière particulière de Mrs Astor, la jeune épouse, enceinte, du Colonel John Jacob Astor. Elle accompagnait le couple lors de son séjour en Égypte mais la famille de Caroline déclara que, pour une raison inconnue, elle "redoutait de faire son dernier voyage".
Lors du naufrage du Titanic, le Colonel Astor sera parmi les victimes. Les deux femmes y échapperont à bord du canot n° 4.
Le Colonel John Weir, ingénieur des mines de réputation mondiale, part en voyage d'affaires en Angleterre, le 27 Janvier 1912. Contraint de prolonger son séjour, en raison des problèmes de l'industrie minière britannique, il réserve son voyage de retour à bord du Titanic, le 10 Avril.
Le matin du 9 Avril, alors qu'il se trouve dans le fumoir de l'Hôtel Waldorf, à Londres, en train de discuter avec le directeur de l'établissement, il déclare soudain: "Que je sois pendu si je pars demain !".
Comme le directeur de l'hôtel le presse d'expliquer la raison de cette remarque inattendue, le Colonel lui répond: "Eh bien, je sais que c'est absurde, mais j'ai un étrange sentiment quant à mon départ. Il se peut que je reçoive un message d'affaires ce matin et, si c'est le cas, je ne partirai pas, bien que j'ai réservé en 1ère classe".
En se réveillant le matin du 10 Avril, il découvre que le broc à eau de sa chambre s'est inexplicablement brisé pendant la nuit. Le directeur de l'hôtel le taquine gentiment sur sa superstition, mais ne parvient pas à le faire changer d'état d'esprit. Le Colonel Weir avertit son secrétaire qu'il ne souhaite pas poursuivre ainsi son voyage et qu'il lui adressera un câble de Queenstown.
Le Colonel Weir ne débarquera pas du Titanic en Irlande et sera victime du naufrage.
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| La Camarde attend paisiblement son heure ... |
Jacques Futrelle, romancier bien connu, vient de passer l'hiver en Europe avec son épouse, May. Au printemps 1912, le couple se rend chez des amis, en Angleterre, mais décide d'écourter son séjour pour rentrer en Amérique à bord du Titanic.
Fin Mars, les Futrelle contactent John Peel, le frère de May, à Atlanta, et lui adressent un pouvoir relatif à la gestion de leurs biens immobiliers, au cas où quelque chose leur arriverait, et lui donnent leurs instructions concernant l'avenir de leurs deux enfants. "On ne sait jamais ce qui peut arriver", écrit Jacques Futrelle, "May et moi voulons que tout soit en ordre pour les enfants si quelque chose arrivait".
Jacques Futrelle disparaîtra dans le naufrage, May sera rescapée à bord du radeau pliable D.
Pierre Maréchal a le choix, pour faire la traversée, entre le paquebot La Savoie de la Compagnie Générale Transatlantique et le Titanic.
"La Savoie part le 13, déclare M. Maréchal, je suis superstitieux !".
Il retient donc sa place sur le Titanic. Mais non sans faire violence à sa femme, douée dun sens prémonitoire très vif, qui le supplie de ne pas prendre le paquebot anglais. "Je ne sais en quoi, dit-elle à son mari, mais je suis sûre, je sens que ce voyage sera malheureux".
Quatre jours après le départ Mme Maréchal joue au bridge chez des amis. Soudain, elle laisse tomber ses cartes et perd connaissance. Son évanouissement dure plusieurs heures et, revenue à elle, fond en larmes en annonçant quun grand malheur vient d'arriver.
Patrick O'Keefe est un jeune immigrant irlandais partant faire fortune en Amérique. Devant embarquer sur le Titanic, il arrive à Queenstown le 10 Avril et décide de passer la nuit dans un hôtel, afin d'être prêt à partir le lendemain.
Cette nuit-là, il fait un inquiétant rêve dans lequel il voit le Titanic sombrer en plein milieu de l'océan. Il décide pourtant de ne pas changer ses plans et embarque.
Parrick O'Keefe sera rescapé à bord du radeau pliable B.
A Southampton, nombre de stewards affichent des visages funèbres. Beaucoup viennent de l'Olympic, victime d'un abordage quelques mois plus tôt. Ils prétendent que les deux géants sont placés sous le signe de la "mauvaise chance" et n'hésitent pas à les appeler les "bateaux de la mort".
Colin MacDonald, qui a été désigné comme Second Mécanicien, décline le poste et refuse de signer le rôle d'équipage car il a l'intuition que quelque chose de terrible va arriver à bord de celui qu'il appelle "le condamné".
A Southampton, au moment de quitter ses amis pour embarquer sur le Titanic où il est engagé comme steward de 1ère classe, Thomas Whiteley leur déclare "Je ne crois pas que je vous reverrai. Nous allons faire naufrage".
Whiteley sera rescapé.
Harry Burrows vit avec sa mère à Southampton. Il gagne sa vie à bord des grands transatlantiques qui partent du port. Il a trouvé un bon travail sur le tout nouveau Titanic, si bon qu'il a décidé de rester chez lui pendant un mois afin d'être certain d'embarquer le moment venu.
Le 10 Avril 1912, Burrows dit au revoir à sa mère et se rend au dock pour signer son engagement. Pourtant, un moment plus tard, Mrs Burrows a la surprise de voir son fils rentrer à la maison. En fin de compte, il n'a pas signé.
Par la suite, Mrs Burrows parlera de cet incident à la presse. Son fils a, dit-elle "changé d'avis à la dernière minute et est parti, ce dont nous sommes très heureux. Je ne peux expliquer son changement d'avis; une espèce de sensation s'est emparée de moi, m'a-t-il dit."
Le steward de 3ème classe Arthur Lewis se prépare à embarquer.
La nuit avant de prendre la mer, il demande à sa femme de coudre son étoile blanche de la White Star Line sur sa casquette.
Tandis que sa femme le fait, l'étoile tombe en morceaux. Avec un air inquiet, elle lui dit "Je n'aime pas çà !".
Arthur Lewis fera partie des survivants.
Joseph Scarrott, marin qualifié, a reçu son ordre d'embarquement sur le Titanic et doit s'y présenter le Mercredi 10 Avril à 7 h. Il sait que le voyage sera rapide, l'aller et le retour devant s'effectuer en 16 jours. Aussi il ne juge pas nécessaire d'emporter toutes ses affaires. N'ayant pourtant pas envie d'en faire le tri, il se demande s'il va embarquer ou non. En 29 ans de carrière, il n'a jamais éprouvé un tel sentiment d'hésitation. Il a cependant travaillé sur le Titanic à Southampton, lorsque celui-ci est arrivé des chantiers, et l'a visité de fond en comble, le trouvant magnifique.
Joseph Scarrott décide quand même de partir, mais de mauvais coeur. Avant de sortir de chez lui, il embrasse sa soeur et lui dit "Adieu !". Sur le pas de la porte, sa soeur le rejoint et lui demande pourquoi il lui a dit "Adieu !" au lieu de son habituel "Au revoir, à bientôt !". Il lui répond qu'il n'a pas remarqué cela. En rejoignant le navire, cet incident ne manque pas de lui frapper l'esprit.
Une fois à bord, contrairement aux habitudes, il n'ouvre pas son sac et ne revêt pas sa tenue. Ses actes et son comportement sont à l'opposé de ce qu'ils auraient dû être.
Joseph Scarrott fera partie des rescapés.
George Beedem est l'un des nombreux matelots à avoir été transférés de l'Olympic au Titanic. A Southampton, loin de sa famille et à court d'argent, il déteste l'attente des embarquements et s'inquiète de la santé de sa femme malade.
La veille du départ du Titanic, il lui écrit une lettre disant "Je me sens dépressif, il n'y a rien à faire à bord; comme j'aimerais voir ce foutu bateau au fond de l'eau !".
George Beedem sera victime du naufrage.
Mary Keziah Roberts, de Nottingham, a été engagée comme hôtesse à bord du Titanic.
Un jour qu'elle se peigne devant son miroir, elle se met à rire et à chanter "... Je me moque de ce qu'il adviendra de moi ...". Norah, sa fille de 9 ans, qui a auparavant été très marquée par le fait que sa mère lui ait annoncé qu'elle allait embarquer sur le Titanic, commence à se sentir mal à l'aise, l'interrompt et lui demande calmement: "Maman, pourquoi chantes-tu comme ça ?" Je ne veux pas que tu chantes encore cette chanson; je ne veux pas que tu partes sur le Titanic". Mary arrête de se peigner, de chanter et de rire aussi. Après quelques instants de silence, regardant Norah dans le miroir, Mary dit: "Oh, ma chérie, je vais en parler à ton père". Mary est sur le point de se remettre à chanter, mais reprend seulement sa coiffure. Norah ne s'en sent pas plus heureuse, mais son père David est très impressionné par cette histoire.
Mary Keziah Roberts prendra son poste d'hôtesse à bord du Titanic et survivra au naufrage.
Norah continuera à avoir des impressions semblables et avertira encore une fois sa mère de ne pas servir comme infirmière à bord du Rohilla, en 1916. Mary le fera cependant et le navire fera naufrage. Encore une fois, Mary survivra.
Mary Eloise et Lucian Philip Smith réservent leur billet d'embarquement sur le Titanic à Monte-Carlo.
Lorsque M. Nauth, l'agent de la White Star Line, le leur délivre, Mrs Smith exprime un confus pressentiment: "Nous étions sur l'Olympic quand il perdit son hélice. Espérons que cette fois, nous n'allons pas couler".
Lucian Philip Smith sera victime du naufrage; son épouse fera partie des rescapés.
Miss Bridget Delia McDermott est avec des amis, la veille au soir de son départ de Queenstown sur le Titanic.
Soudain, une main lui tape sur l'épaule. Elle se retourne et voit un petit homme qu'elle pense être un voyageur. Elle s'apprête à lui donner quelques pennies quand l'homme lui dit qu'il sait qu'elle va partir pour un long voyage. "Il y aura une tragédie mais vous serez sauvée".
Bridget McDermott commença sa traversée non sans appréhension et sera rescapée du naufrage.
Lorsqu'elle parla du petit homme à ses amis, ceux-ci lui dirent n'avoir vu personne.
Mrs Jean Fagin, petite-fille de Jack Stagg, steward, déclara:
"Il prenait toujours un petit revolver, juste un très petit, toujours bien huilé dans une petite boîte. Il l'emportait dans tous ses voyages pour se protéger mais, cette fois là, il dit à ma grand-mère de la garder car il n'en aurait pas besoin pendant cette traversée et ma grand-mère pensa que c'était un mauvais présage. Il avait l'habitude de l'enfermer dans sa malle de voyage et, lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclata, elle l'emporta au commissariat de police quand fut lancé l'appel aux armes".
Jack Stagg disparut dans le naufrage.
Dans le numéro de Mai 1912 du "Popular Magazine", on peut lire, sous le titre "The White Ghost of Disaster" ("Le Fantôme Blanc du Désastre"), la courte histoire d'un grand paquebot heurtant un iceberg dans l'Atlantique Nord et provoquant la mort de la moitié des passagers à cause du manque de canots.
Le magazine sortait des presses alors que le Titanic s'apprêtait à quitter Southampton.
On dit que l'auteur, qui écrivait sous le nom de Mayn Clew Garnett, avait rêvé des détails de son histoire pendant un récent voyage à bord de l'Olympic.
Récit d'une conversation rapportée par le "Southampton Times" du 20 Avril 1912:
"Vous pouvez ne pas croire aux rêves, Mrs Slade, mais je vous dis la vérité lorsque je dis qu'un de mes garçons a rêvé du bateau la nuit précédant le départ et qu'il a ensuite dit avoir craint pour lui. Je savais que ça ne leur plaisait pas beaucoup de partir, mais pourtant ils ont disparu".
Au moment d'embarquer sur le Titanic, Mrs Nellie Becker déclare à un employé de le White Star Line "Je ne suis pas très rassurée de me rendre à New York. Ce navire est neuf et n'a jamais encore traversé l'océan. J'ai peur qu'il arrive quelque chose".
Elle sera au nombre des rescapés.
Mrs Hoghes embarque sur le Titanic où elle vient d'être engagée comme femme de chambre.
Juste avant le départ de Southampton, alors qu'elle se trouve sur le pont, sa fille de 14 ans, Rosalind, venue la conduire jusqu'au quai d'embarquement, s'arrache à son père et gravit l'échelle de coupée en criant "Ne pars pas, Maman, je sais que tu ne reviendras pas, vous allez tous mourir, le bateau va couler !".
Mrs Hoghes serre sa fille dans ses bras et tente de la calmer. Rosalind lui raconte alors le rêve qu'elle a fait deux jours plus tôt, dans lequel un navire surgit du sol et où une foule paniquée court sur le bateau. Le navire se brise dans un craquement atroce puis est englouti dans la terre avec tout ce qui se trouve à bord.
Mrs Hoghes essaie de la réconforter en disant "Mais ce n'est qu'un rêve, ma chérie. Sois tranquille, il ne m'arrivera rien!".
Rosalind essaie en vain de ramener sa mère sur le quai. Son père se trouve contraint de monter pour l'arracher aux bras de sa mère et la faire redescendre.
Mrs Hoghes disparaîtra dans la catastrophe.
En 1970, W. A. Hawkesworth déclara:
"Bien que n'étant qu'un jeune garçon d'à peine 8 ans lorsque le Titanic partit de Southampton, je me rappelle très bien cette journée. Mon père et son frère se trouvaient à bord et tous les deux disparurent. Ce fut la seule fois où ma mère se rendit sur les quais voir mon père partir, et il disait toujours que c'était considéré comme porte-malheur dans le monde des marins.
Outre notre tragédie personnelle, deux choses de cette époque me sont restées. La première se passa sur le quai: alors que nous regardions partir le Titanic, ma mère se mit à pleurer. Comme je lui demandais pourquoi, elle répondit : 'Ce bateau n'atteindra jamais New York, mon chéri'. Je revois encore les gens autour de nous et les entends parler 'd'une idiote'.
La seconde chose se passa quelques jours après, alors que nous attendions de savoir si les noms de mon père et de son frère étaient sur la liste des rescapés, ma mère dit, au petit déjeuner: 'Votre père ne reviendra plus jamais à la maison, mes enfants. Dans le journal de ce matin, on dit qu'il y a quelques enfants disparus et votre père n'aurait jamais abandonné un enfant, quoi qu'il puisse arriver'. Quelle chose merveilleuse pour une femme de parler ainsi de son mari".
Par un fait étrange et contrairement à une tradition bien établie, les navires présents n'ont pas fait entendre leur sirène pour saluer le départ du géant des mers pour son premier voyage.
Mrs Lois Jacobs, née Brown, témoigna ainsi:
"On nous permit de quitter l'école une demi-journée pour aller le voir. J'habitais Woolston. L'instituteur nous surveillait et nous regardions partir le Titanic, puis il y eut un retard et le bateau fut tiré vers le quai. Il nous fallut attendre et attendre et il repartit enfin pour disparaître hors de notre vue, dans les eaux de Southampton. C'est la dernière fois que nous l'avons vu. Lorsque le Titanic était revenu à quai, un vieux monsieur qui se tenait près de moi avait parlé d'un mauvais présage".
Mrs Molly Adams, fille de John Stewart, steward du Café Parisien, raconta:
"Ma mère ne voulait jamais voir partir mon père mais, ce jour-là, elle y alla et jura toujours que c'était la chose la plus malheureuse qu'elle avait jamais faite".
John Stewart, cependant, sauva sa vie.
Edith Haisman, née Brown, rescapée du naufrage, déclara:
"Le jour du départ, tout le monde était heureux et chacun faisait ses adieux. Nous n'avions personne à qui dire au revoir car nous avions fait nos adieux en Afrique du Sud mais, alors qu'un bateau appelé le New York fut sur le point d'éperonner le Titanic, mon père dit, en le voyant, que c'était là un mauvais présage".
Lors du départ de Southampton, dans le chenal conduisant à la mer, le Titanic, guidé par un remorqueur, passe à proximité du New York et de l'Oceanic.
Le violent déplacement d'eau, créé par la masse du Titanic et le battement de ses hélices, provoque la rupture de 6 aussières sur le New York qui chasse en direction du paquebot. Une manoeuvre rapide évite de justesse l'abordage.
Certains marins voient là un mauvais présage ...
Quelques centaines de mètres plus loin, un incident du même ordre se reproduit, alors que le Titanic passe devant le Teutonic. Cette fois, les amarres résistent et l'incident est évité.
Un jeune cinéaste de Seattle, William H. Harbeck, ne put résister à l'envie de filmer la scène depuis le pont du Titanic.
Il disparaîtra avec sa caméra lors du naufrage.
Mrs Blanche Marshall regarde sa famille, avec amis et domestiques, alors que le Titanic dépasse l'Ile de Wight peu après le départ de Southampton.
Soudain, elle déclare "Ce navire va couler avant d'atteindre l'Amérique". Tout le monde lui rappelle que le Titanic est insubmersible, mais elle les interrompt en disant "Je vois des centaines de gens se débattre dans l'eau glacée. Etes-vous si aveugles au point de les laisser se noyer ?".
Trois ans plus tard, Mrs Marshall prédira aussi le naufrage du Lusitania qui sera coulé par une torpille allemande.
Mrs William Robert Bucknell, de Philadelphie, doit embarquer à Cherbourg en compagnie de Margaret "Molly" Brown.
Mais elle a une effrayante prémonition et dit à son amie "J'ai une peur mortelle d'embarquer sur ce navire. Je suis certaine que quelque chose de terrible va arriver". Même lorsque Mrs Brown la persuade d'embarquer comme prévu, Mrs Bucknell persiste "Il est voué à la catastrophe", dit-elle, "Je le sens ! Je le sais !".
Le soir du 14 Avril, elle répète ses craintes au médecin de Philadelphie, le Dr Arthur Jackson Brewe, dans la salle à manger de 1ère classe. Les deux femmes se retirent ensuite dans leurs cabines.
Leur rencontre suivante a lieu sur le pont, après la collision contre l'iceberg, alors qu'elles portent toutes les deux leur gilet de sauvetage.
Mrs Bucknell s'écrie "Ne vous l'avais-je pas dit ? Je le savais".
Les deux femmes survivront et raconteront leur histoire, mais le Dr Brewe périra.
George Wick de Youngstown, Ohio, revient d'un voyage en Europe avec son épouse, sa fille et un couple de cousins.
Le 9 Avril, la veille de son départ pour Cherbourg où il doit embarquer sur le Titanic, il entre dans l'Hôtel Maurice, à Paris, et est aussitôt attiré par le guichet de sweepstake pour la course du Grand Prix. Il regarde la liste des partants et mise sur le n° 13. "Juste pour montrer que je ne suis pas superstitieux", dit-il, "je choisis celui-ci. J'ai toujours considéré que le 13 était mon numéro porte-bonheur".
Le 13 gagnera la course, mais George Wick périra dans le naufrage.
L'avocat new-yorkais Isaac Frauenthal fait un rêve avant d'embarquer sur le Titanic à Cherbourg.
"Je me vois sur un gros bateau à vapeur qui heurte soudain quelque chose et commence à sombrer. J'entends les cris des passagers effrayés".
La nuit du naufrage, il refait le même rêve sur le paquebot et en parle à son frère Henry qui ne croit guère à cette éventualité. Il est pourtant sur le qui-vive lorsqu'on annonce la collision avec l'iceberg. Il monte sur le pont, constate la gravité de la situation, redescend et convainc son frère de la réalité du danger et de le rejoindre sur le pont. Il lui dit alors "Eh bien, Henry, je n'étais pas si fou, n'est-ce pas !".
Contrairement à d'autres passagers, on n'eut aucun mal à les persuader de monter à bord d'un canot de sauvetage.
Edith Louise Rosenbaum, plus connue sous le nom de "Russell", journaliste de mode très superstitieuse, n'aurait jamais dû voyager sur le Titanic
En Janvier 1912, alors qu'elle se trouve à Biskra, en Algérie, un diseur arabe de bonne aventure, qui lui prédit son avenir dans le sable, lève les mains avec stupéfaction en dit: "Madame se trouvera dans un grave accident en mer". Sur le coup, elle ne le croit pas mais pourtant, pendant les mois suivants, elle éprouve un gênant sentiment de malheur.
Lorsqu'elle regagne Paris, elle réserve un billet à bord du paquebot américain George Washington qui doit appareiller pour l'Amérique le 7 Avril. Mais, ayant découvert que le merveilleux et tout nouveau Titanic, partant le 10, lui offre l'occasion de faire un reportage (elle est la correspondante de "Women's Wear") sur les collections parisiennes de mode présentées aux courses hippiques de Pâques à Auteuil, et arrive en même temps à New York, elle annule son passage et décide de voyager sur le plus beau bateau du monde.
A son arrivée à Cherbourg, elle a un si mauvais pressentiment qu'elle est tentée d'abandonner son voyage et qu'elle télégraphie même à son secrétaire pour lui faire part de ses craintes.
Après 3 heures d'attente à bord du Nomadic, le transbordeur amenant les passagers de la Gare Maritime au Titanic arrivé en retard dans la rade, un fait inhabituel se produit.
Alors que le Nomadic approche du paquebot, et malgré la mer parfaitement calme, le transbordeur se met à se balancer d'une manière violente et incompréhensible, faisant perdre pied aux passagers. Edith Russell se fait alors la remarque: "Un bateau, qui provoque cet étrange remue-ménage dans une mer calme comme celle-là, est dangereux. J'aimerais bien ne pas partir". Appréhendant de traverser la passerelle d'embarquement, que dix hommes doivent tenir de chaque côté pour l'empêcher de cogner et de se balancer dans tous les sens, elle est le dernier passager à l'emprunter. A peine a-t-elle mis pied sur le Titanic qu'elle descend pour voir s'il est possible de repérer ses bagages (plusieurs malles) car elle a l'intention de faire demi-tour.
On lui dit alors qu'elle peut quitter le navire si elle le désire, mais que ses bagages partiront à New York.
Elle fait appel à Mr Nicholas Martin de la White Star Line et lui fait part de ses craintes.
Il lui répond: "Très bien. Prenez un autre navire mais vos bagages doivent rester". Lorsqu'elle lui parle de l'assurance concernant ses bagages, il lui répond: "Ridicule, ce navire est insubmersible". Elle se résout alors à rester à bord.
En embarquant sur le Titanic, l'irlandaise Nora Keane fait tomber son livre de prières.
A plusieurs reprises, elle dira: "Nous n'arriverons jamais à New York".
Nora Keane fera partie des rescapés.
Pendant la traversée
Un sentiment d'oppression s'installe ...
A l'escale de Queenstown, le Commandant en second, Henry Tingle Wilde, adresse une lettre à sa soeur dans laquelle il lui dit: "Je n'aime toujours pas ce navire ... J'éprouve un sentiment étrange à son sujet".
Henry Tingle Wilde ne survivra pas au naufrage.
Pendant l'escale de Queenstown, un chauffeur a l'idée saugrenue de grimper au sommet de la 4ème cheminée "factice" par l'échelle métallique intérieure. Il s'agit d'une farce destinée à effrayer les passagers en train d'embarquer.
L'apparition inopinée de cet homme au visage couvert de suie et à la tête surmontée d'un bonnet de gnome sera interprétée comme une vision diabolique et inquiétante.
Lors de la même escale, Edith Louise Russell, revenant de Paris où elle vient de faire un reportage sur les collections parisiennes de mode présentées aux courses hippiques de Pâques, adresse une lettre à son secrétaire Mr H. J. Shaw, resté à Paris.
Elle y vante les qualités et la magnificence du Titanic et termine son courrier par ces mots: "Je déteste quitter Paris et je serai drôlement contente d'y revenir. Pendant ce voyage, je vais prendre un repos dont j'ai bien besoin, mais je n'arrive pas à me défaire de ma sensation d'anxiété et de pressentiment d'ennuis. Comme je souhaite qu'elle disparaisse !".
Edith Russell avait reçu de sa mère une mascotte: un petit cochon à musique recouvert de fourrure et qui jouait un air intitulé "The Maxixe" ("La Machiche") lorsqu'on lui tournait la queue. En Août 1911, sur la route de Paris à Rouen, elle avait miraculeusement échappé à un accident: le conducteur de la voiture dans laquelle elle se trouvait en avait perdu le contrôle et avait trouvé la mort. Sa mère lui avait demandé de garder toujours la mascotte avec elle, et Edith lui en avait fait la promesse.
La nuit du naufrage, alors qu'elle se trouve sur le pont, équipée de son gilet de sauvetage, Edith Russell envoie le steward Robert Arthur Wareham chercher son cochon musical dans sa cabine. Au moment de monter dans un canot, un marin se saisit de sa mascotte qu'elle tient sous son bras, enveloppée dans une couverture, et la jette dans le canot en disant: "Eh bien, nous sauverons au moins votre bébé", confondant l'objet avec un bébé emmitouflé. Elle sent alors qu'elle doit suivre son cochon, selon la promesse qu'elle a faite à sa mère.
C'est ainsi qu'Edith Russell fait partie des rescapés, dans le canot n° 11, accompagnée de son curieux porte-bonheur musical avec lequel elle calme la peur des enfants en le faisant jouer sans cesse. Elle le gardera toute sa vie et le léguera, à sa mort en 1975, à Walter Lord, écrivain et historien du Titanic.
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Edith Russell et sa mascotte musicale
Tout au long de la traversée, William Thomas Stead est assailli de sombres pressentiments.
Il ne peut se libérer des images d'un affreux cauchemar: une armée de chats se jetant de la terrasse d'un énorme building envahi par les flammes.
Au cours d'interminables parties de bridge, Stead, d'un pacifisme à toute épreuve, ne cesse de dire et de répéter à ses partenaires que le Titanic peut fort bien disparaître.
William Thomas Stead périra dans le naufrage.
Lady Duff Gordon est inquiète de naviguer sur un tout nouveau navire, mais ses affaires de mode l'appellent d'urgence à New York et il n'y a de place qu'à bord du Titanic.
Elle parle de ses craintes à son mari, Sir Cosmo Duff Gordon, et celui-ci accepte de l'accompagner, contrairement à son habitude.
Sa peur ne la quitte pas pendant la traversée et elle refuse de se dévêtir complètement la nuit, gardant son manteau chaud et sa pèlerine à portée de main,, ainsi que sa petite boîte à bijoux et quelques unes de ses affaires les plus précieuses, posées sur une table, à proximité.
Lady et Sir Cosmo Duff Gordon seront tous deux rescapés.
Amélie Icard, la Gouvernante de Mrs Stone, qui ne voulait pas embarquer sur le Titanic, refuse de se changer et de participer aux festivités de 1ère classe. Elle ressent un sentiment inexplicable: la peur.
Esther Hart est passagère de 2ème classe en compagnie de son mari Benjamin et de leur fille Eva, 7 ans.
La famille Hart a décidé de partir s'installer au Canada, et a d'abord réservé sur le Philadelphia mais, en raison de la grève du charbon, les billets ont été transférés sur le Titanic.
Esther Hart considère l'idée que le Titanic puisse être "insubmersible" comme "une insulte à Dieu".
Aussi, a-t-elle tenté, mais sans succès, de persuader son mari de changer de navire.
Convaincue que le malheur va les frapper tous, elle reste dans sa cabine sauf pour les repas, dort le jour et reste éveillée la nuit car elle est persuadée que c'est à ce moment-là que ses prémonitions se réaliseront.
Esther survivra avec sa fille mais Benjamin disparaîtra dans le naufrage.
Dans son lit, une passagère de 1ère classe, Elizabeth W. Shutes, ne peut trouver le sommeil.
Une odeur froide, de mort, pénètre sa cabine, qui lui rappelle celle qu'elle a rencontrée quelques années plus tôt dans une grotte d'un glacier de l'Eiger.
Elizabeth W. Shutes fera partie des rescapés.
Depuis le départ, une autre passagère est assaillie de sombres pressentiments. Elle refuse de se mettre au lit.
Un navire prétendu insubmersible ne peut être qu'une injure envers Dieu.
Pendant la traversée, le Colonel Archibald Gracie a une longue conversation avec Charles Hays, Président de la compagnie canadienne Grand Trunk Pacific Railway.
A la fin de leur échange, Charles Hays dit: "Les compagnies White Star, Cunard et Hamburg Amerika consacrent toute leur attention et leur ingéniosité à rivaliser pour acquérir la suprématie des navires de luxe et établir des records de vitesse. Le temps viendra où cela se terminera par une effroyable catastrophe".
Charles Hays fera partie des victimes, le Colonel Gracie parviendra à être sauvé.
La nuit du 12 Avril 1912, Anna Lewis, une jeune anglaise de 14 ans habitant Stoke-on-Trent, passe la nuit en compagnie de sa grand-mère et fait un rêve terrifiant. Endormie dans la chambre de sa grand-mère, Anna rêve qu'elle marche vers Trentham Park et voit soudain apparaître sur le lac, un gros bateau avec des gens à bord.
Elle raconta plus tard: "Je me demandais ce qu'il faisait là et, tout à coup, il a coulé par une extrémité et j'ai entendu un cri terrible. J'ai dû me réveiller en faisant du bruit car j'ai fait peur à Grand-Mère". Racontant ce qu'elle a vu à sa grand-mère, celle-ci lui dit: "Plus de soupers pour toi, ma fille; les rêves ne sont qu'un tas d'idioties".
"Je me suis rendormie un moment après et j'ai refait le même rêve. Lorsque les gens criaient, j'ai dû en faire autant. Cette fois, Grand-Mère était furieuse après moi ...".
C'est par le journal du 16 Avril qu'un client ouvre dans sa boutique, que la grand-mère apprend la mort de son fils, Leonard Hodginkson, 4ème Mécanicien Senior, dans le naufrage du Titanic. Il était aussi l'oncle d'Anna.
Avant de prendre sa retraite, Leonard voulait naviguer sur tous les paquebots de la White Star Line et avait demandé à être transféré sur le Titanic pour réaliser son souhait. Personne, sauf sa femme, n'était au courant de ce changement de dernière minute, ce qui rend encore plus étrange le rêve d'Anna.
Le 13 Avril 1912, le chauffeur John Podesta fait une pause en compagnie d'un aide. Soudain ils voient courir vers eux une demi-douzaine de rats provenant de la zone où se produira la collision avec l'iceberg, et qu'ils chassent à coups de pied.
Podesta déclara plus tard: "C'est vrai qu'ils peuvent sentir le danger". Il ne pouvait, en effet, s'empêcher de penser que les rats devaient savoir ce qui allait se passer dans la partie avant du navire et qu'il valait mieux qu'ils filent vers l'arrière pour tenter d'échapper au mauvais sort.
Le dernier jour de la traversée, bien des passagers éprouvent un malaise ranimé et provoqué par la plainte nostalgique des violons de l'orchestre qui interprète un morceau des Contes d'Hoffmann.
Pour ceux qui s'aventurent sur les ponts, la nuit glaciale, le ciel constellé d'étoiles et surtout cette mer morte et funèbre, contribuent encore à aggraver un sentiment d'oppression.
En 1970, C. L. Daughtrey déclara:
"J'étais enfant lorsque le Titanic sombra. Mon père avait été affecté sur l'Olympic, très déçu car ses amis allaient naviguer sur le Titanic.
Le 14 Avril, dans notre maison, un grand tableau tomba en s'écrasant par terre. A cette époque, parmi les femmes de marins, on pensait que c'était un mauvais présage. La remarque de ma mère fut: "Mon Dieu, un navire va couler aujourd'hui", sans pour autant penser au Titanic que l'on considérait comme insubmersible.
Le 14 Avril, après le déjeuner, alors que René Lévy discute sur le pont avec son compagnon de cabine Noël Malachard et Mrs Marie Jerwan, qui occupe la cabine de 2ème classe voisine de la leur, Lévy déclara soudain, en observant les canots de sauvetage: "Je suis sûr, s'ils affalent ces canots, que les cordes seront trop courtes. Bien entendu, je préférerais couler avec le navire plutôt que m'asseoir dans un de ces canots".
René Lévy et Noël Malachard disparaîtront dans la naufrage après qu'ils aient aidé Mary Jerwan à monter dans le canot n° 11.
Eugene Daly, un jeune Irlandais de Athlone, a embarqué à Queenstown avec un groupe d'amis qui voyagent aussi en 3ème classe.
Le jeune Daly ne tarde pas à faire un rêve inquiétant dont il parle à son amie Bertha Mulvihill. Celle-ci raconte l'incident:
"C'était drôle" dit-elle. "Il y avait avec nous un garçon nommé Eugene Daly qui habitait la même ville. En quittant Queenstown, il nous avait dit que le Titanic allait couler. Et, tous les soirs, il nous redisait que le Titanic allait couler avant d'atteindre New York. Le Dimanche soir, juste avant d'aller se coucher, il nous a dit que le Titanic allait couler cette nuit. C'était étrange."
De plus, Bertha Mulvihill racontera que Eugene Daly savait comment le navire allait couler parce que, dans son rêve, "il avait clairement vu la collision avec l'iceberg."
Bertha Mulvihill sera sauvée à bord d'un canot. Eugene Daly n'aura pas cette chance, son corps ne sera jamais retrouvé.
Nota: Un journaliste relata que Miss Mulvihill avait parlé de Eugene "Ryan" comme étant la personne ayant fait ce rêve prémonitoire, mais il s'agit bien, en réalité, de Eugene Daly.
Le soir du naufrage, Mathilde Weisz participe aux chants impromptus des passagers de la salle à manger de 2ème classe.
Après avoir interprété "Dernière Rose d'Été" et avoir été applaudie pour sa prestation, elle sort sur le pont pour s'y promener en compagnie de son mari Leopold et lui dit que quelque chose la rend mal à l'aise.
Dès leur retour à leur cabine, à 23 h 40, Mathilde Weisz ressent un tremblement ...
Mathilde fera partie des rescapés mais son mari, Leopold, sera victime du naufrage.
Lorsqu'elle se rend compte de la gravité de la situation et que le navire prend de l'inclinaison, Edith Corse Evans, passagère de 1ère Classe, se souvient soudain de ce que lui a prédit une diseuse de bonne aventure: "Prenez garde à l'eau".
Au moment d'embarquer dans le radeau pliable D, Edith Corse laisse sa place à sa soeur, Mrs John Murray Brown, en lui disant: "Monte d'abord, tu es mariée et tu as des enfants".
Le radeau partit sans elle et elle sera l'une des 4 passagères de 1ère Classe à périr dans la catastrophe.
Depuis des années, le Révérend Charles Morgan est le pasteur de l'église méthodiste Rosedale de Winnipeg, au Canada. Le chef de musique de l'église a l'habitude d'établir la liste des cantiques destinés aux services du soir et de la donner au pasteur.
Un soir, après avoir reçu la liste, le Révérend Morgan se retire dans son bureau pour faire un petit somme.
Il rêve d'un vieux cantique et entend de nombreuses voix crier ainsi que le bruit de l'eau qui déferle. C'est un rêve troublant. Il a la sensation d'assister à une grande tragédie qu'il ne peut voir mais seulement entendre.
Ce soir là, après les services du soir, le Révérend Morgan demande à l'assistance de chanter le cantique "Pour ceux qui sont exposés aux périls de la mer" (connu aussi sous le titre "Père Éternel, toi qui nous sauves").
C'est le 14 Avril 1912. A bord du Titanic, dans la Salle à Manger de 2ème Classe, le Révérend Carter et les fidèles chantent aussi le même hymne "Pour ceux qui sont exposés aux périls de la mer". Le naufrage du Titanic est imminent.
Un petit-fils de James Ismay (son grand-père était le jeune frère de Bruce) déclara:
"J'ai demandé une fois à ma grand-mère pourquoi mon grand-père ne se trouvait pas sur le Titanic. Elle m'a répondu qu'il aurait dû y être mais était resté à la maison à cause d'une très grave pneumonie. Elle ajouta alors que, la nuit du naufrage du Titanic, il était sorti brusquement du coma et avait dit: 'Bruce a des ennuis, Bruce a des ennuis' ".
Pendant la nuit du naufrage, dans la ville de Kirkcudbright en Ecosse, le Capitaine de l'Armée du Salut W. Rex Sowden est appelé au chevet d'une jeune orpheline prénommée Jessie qui est en train d'agoniser.
A 23 heures, elle se dresse dans son lit malgré son délire et dit: "Prenez ma main, Capitaine, j'ai si peur. Voyez-vous ce grand navire en train de couler ?"
Sowden essaie en vain de la réconforter en lui disant que ce n'est qu'un mauvais rêve. "Non", répond-elle, "le bateau coule. Regardez tous ces gens qui se noient. Quelqu'un nommé Wally joue du violon et s'approche de vous." Sowden regarde dans la pièce mais ne remarque rien. Il allonge la fillette dans son lit, puis elle tombe dans le coma.
Le Capitaine Sowden reste plusieurs heures au chevet de Jessie dont l'état ne change pas. Puis, soudain il entend le bruit de la serrure de la chambre. Il se lève, ouvre la porte mais ne voit personne. Il a pourtant la sensation que quelqu'un est entré dans la chambre. Il se précipite vers le lit de Jessie, constate qu'un changement s'est opéré et que la mort approche. La fillette ouvre soudain les yeux et dit que sa mère est venue "m'emmener au ciel." Sowden tient un moment la main de Jessie, puis l'enfant meurt en paix.
Sowden se lève et s'apprête à chercher de l'aide quand il entend à nouveau le bruit de la serrure. Il ouvre la porte mais ne voit rien et ne peut que parvenir à l'inévitable conclusion que "la mère est partie avec sa fille."
Quelques heures après la mort de Jessie, le Titanic coule, tandis que Wallace Hartley, violoniste, et l'orchestre dont il est le chef, continuent de jouer.
Wally Hartley, que Rex Sowden avait bien connu enfant, disparaît dans la tragédie.
Sowden ignorait qu'il avait pris la mer et qu'il se trouvait sur un navire.
Quelques jours avant son départ pour l'Europe, dans les tout premiers jours d'Avril 1912, Ida Straus, l'épouse de Isidor Straus, propriétaire des grands magasins Macy à New York, fait transporter Bess, son cheval préféré, dans une ferme de l'état de New York.
Le 15 Avril, le matin même du naufrage, l'animal est retrouvé mort dans son écurie.
Le vétérinaire qui l'examinera sera incapable de déterminer les causes de sa disparition.
Au moment du naufrage, Ida Straus refusa de prendre place à bord d'un canot de sauvetage car elle ne voulait pas abandonner son mari qui, lui-même, désirait partager le sort des autres hommes. Tous deux périrent.
Le Major Archibald Gracie, n'ayant pu trouver de place dans un canot de sauvetage, plonge dans les eaux glacées alors que le navire coule. Il témoigne: "Ce n'est qu'alors que j'ai pensé que ma dernière heure était arrivée. Je voulais faire savoir à mes proches, chez moi, de quelle façon j'avais trouvé la mort. Tandis que je nageais sous la surface de l'océan, je priais pour que mon esprit aille vers eux et dise: 'Au revoir, jusqu'à nos retrouvailles au ciel'. Je pensais que si je priais cela assez fort, mon dernier voeu de communiquer avec ma femme et ma fille serait exaucé.
Au même moment, à New York, l'épouse de Archibald Gracie a une soudaine prémonition. Elle témoigne :"Je me trouvais dans ma chambre, chez ma soeur à qui je rendais visite, à New York. Après m'être couchée et ne parvenant pas à m'endormir, je m'interrogeais à plusieurs reprises en me demandant ce qui contrariait le sommeil habituellement long et paisible auquel j'avais récemment goûté.
Qu'y a-t-il ?, dis-je. Une voix sembla répondre "A genoux, et prie". J'obéis sur le champ, mon livre de prières à la main, ouvert par hasard à la page du cantique "Pour ceux qui sont exposés aux périls de la mer". Une pensée traversa alors mon esprit: "Archie est en train de prier pour moi".
Par miracle, le Major Gracie parvint à se hisser sur la coque d'un canot retourné et survécut au désastre.
Il reconnaissait qu'un grand nombre de coïncidences lui avaient permis de survivre à sa terrible épreuve.
A Nice où elle habite, Marcelle Caretto n'a aucune nouvelle de son mari Michel Navratil dont elle est séparée et qui a disparu depuis une semaine avec leurs 2 enfants Michel, 4 ans, et Edmond, 2 ans.
Elle ne sait pas encore que Michel a décidé de mener une nouvelle vie en Amérique où il se rend avec les enfants, à bord du Titanic.
La nuit du 14 au 15 Avril 1912, Marcelle dort d'un sommeil agité et fait un rêve.
Elle voit un long couloir blanc et, au loin, une silhouette sombre qui s'avance en chancelant. C'est son mari, le visage blème. Le couloir s'incline, Michel vacille et étend les bras pour se tenir aux parois. Il parvient à remonter la pente et lui tend une lettre. Marcelle avance sa main et frissonne en effleurant la main glacée de son mari. Avec effroi, elle saisit la lettre: c'est une lettre de deuil, tout ourlée de noir. A cet instant, le couloir disparaît pour faire place à un paysage étrange, pétrifié, sans couleur véritable et sans consistance. Puis la vision disparaît.
Cette même nuit, Michel Navratil est victime du naufrage du Titanic; les 2 enfants sont parmi les rescapés.
Quelques jours plus tard, Marcelle reçoit une lettre que son mari avait fait poster d'Angleterre avant son départ et qui l'informait de sa décision.
Dans son autobiographie "Une sorte de vie", publiée en 1971, l'écrivain Graham Greene écrit: "La nuit de la catastrophe du Titanic, alors que j'avais 5 ans et que j'étais en vacances de Pâques à Littlehampton, j'ai rêvé d'un naufrage".
Après le naufrage
La malédiction fait son oeuvre ...
Mrs. Coates, médium écossais, déclare être entrée en communication avec William Thomas Stead, disparu dans le naufrage, qui lui a affirmé qu'il avait demandé à l'orchestre du Titanic de jouer "Plus près de toi, mon Dieu !" et que cette communication soit largement publiée.
Le 2 Mai 1912, le paquebot Adriatic s'apprête à appareiller de New York pour Liverpool avec, à son bord, Joseph Bruce Ismay, les Officiers et les membres d'équipage du Titanic retenus jusqu'alors pour leurs auditions devant la Commission d'Enquête Américaine.
On y charge une caisse contenant une maquette du Titanic initialement destinée à être présentée dans les bureaux new-yorkais de la White Star Line et ramenée en Angleterre pour des raisons évidentes.
Pendant la manutention, la maquette se trouve endommagée: une fissure verticale se forme de la quille au pont supérieur, au même niveau que l'une des déchirures créées par l'iceberg au-dessus de la quille du Titanic. De plus, au lieu des 20 canots équipant le paquebot, la maquette n'en possède que 12.
En 1913, le Commandant du vapeur anglais Lucilius, en route pour Philadelphie, est témoin d'une apparition inattendue.
Au large des bancs de Terre-Neuve, il aperçoit la coque d'un grand navire, recouverte d'algues, de végétation aquatique. Mouillé sur ses ancres, ce bâtiment fantôme semble, en quelque sorte, posé sur une roche sous-marine.
Le second navire jumeau du Titanic, le Gigantic, est rebaptisé Britannic et ne fera jamais de carrière commerciale sous le pavillon de la White Star Line.
Lancé le 26 Février 1914, il est réquisitionné en Juillet 1914, lorsque la 1ère Guerre Mondiale éclate, puis transformé en navire-hôpital. Il saute sur une mine allemande le 21 Novembre 1916, en mer Egée.
Le 13 Avril 1935, un cargo anglais, transportant du charbon de Newcastle à Halifax, traverse en pleine nuit le lieu du naufrage du Titanic.
Un des veilleurs, William Reeves, est alors saisi d'une angoisse épouvantable. Il hésite à actionner la cloche. Soudain, à 23 h 40, il ne peut s'empêcher de crier "Obstacle droit devant !". Un énorme iceberg jaillit alors de l'obscurité. Le bateau réussit à stopper à temps, mais se trouve presque immédiatement entouré et bloqué par la banquise. Il ne sera dégagé que par 2 autres navires venus de Saint-Jean de Terre-Neuve: le Caribou et le brise-glace Imogene.
Le cargo s'appelait le Titanian et l'homme de veille était né le 15 Avril 1912 ...
En 1939, le pasteur Charles Cook se suicide à la veille de son mariage.
Il avait été sauvé du désastre alors qu'il n'avait que 14 ans. Depuis, il avait toujours eu le sentiment d'être poursuivi par le malheur et le souvenir du naufrage refit surface à le veille de ses noces.
La veuve du Commandant Smith, Eleanor, est renversée par un taxi en 1931 et meurt sur le coup.
Sa fille, Helen, perd son premier mari, le Capitaine John Gilbertson, atteint de la fièvre bilieuse à bord du premier navire marchand qu'il commandait.
Helen se remarie avec Sydney Russel-Cooke dont elle a des jumeaux en 1923.
Son fils, Simon, meurt en service pendant la 2ème guerre mondiale et sa fille Priscilla est victime de la poliomyélite en 1947.
Sydney Russel-Cooke est tué dans un accident de chasse en 1930.
En 1965, Frederick Fleet, un des veilleurs du Titanic, le premier à avoir aperçu l'iceberg, se pend dans sa maison de Southampton.
La presse anglo-américaine commentera son décès comme étant "un nouveau coup du sort".
Dans les années 1960, une californienne nommée Doris Williams manifeste fréquemment une crainte inexpliquée de la mer.
Cela l'amène à consulter un conseiller spirituel., le Révérend Young. Young décide d'hypnotiser Doris Williams de manière à déterminer la cause de sa phobie.
L'hypnose révèle que Doris, dans une vie antérieure, était un passager nommé Blackwell disparu avec le Titanic.
Il existait, en effet, un passager de 1ère classe nommé Stephen Weart Blackwell, qui avait péri dans la catastrophe.
Ce cas fit sensation dans les milieux du Titanic et du psychisme.
En Juillet 1975, alors que la famille Melkis regarde un film sur le Titanic à la télévision, un gros bloc de glace tombe sur le toit de la maison, à Dunstable, en Angleterre. Au moment où le bloc crève le plafond, tous attendent que le navire heurte l'iceberg fatal.
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Cette page a été réalisée à partir de plusieurs sources bibliographiques dont les principales sont:
Le drame du Titanic par Philippe Masson aux Editions Tallandier,
Titanic - Psychic forewarnings of a tragedy par George Behe aux Editions Patrick Stephens.
Si vous avez connaissance d'autres faits incontestables susceptibles de la compléter, merci de contacter l'auteur afin de lui en faire part.
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